• Les séries des années 1980 ont eu une héroïne féministe: Abby Cunningham (Donna Mills)

    Les séries des années 1980 ont eu une héroïne féministe: Abby Cunningham (Donna Mills)

    Titiou Lecoq — 17.04.2017 - 12 h 03, mis à jour le 18.04.2017 à 11 h 55

     

    Dans «Côte Ouest», l'actrice Donna Mills incarne Abby Cunningham, qu'on peut prendre pour le pendant féminin de J.R. Ewing dans «Dallas». Mais Abby Cunningham étant une femme, elle apparaît comme un modèle quasi féministe. Elle conquiert sa liberté, prend son destin en main et s’affranchit du patriarcat.

    Les séries des années 1980 ont eu une héroïne féministe: Abby Cunningham (Donna Mills)

    Donna Mills aux Emmy Awards, le 26 avril 2015 à Burbank en Californie | Michael Buckner / AFP

    Parfois, en traînant sur internet, on tombe sur une info aussi inintéressante qu’étonnante. C’est ce qui m’est arrivé devant ça:

     

    thedonnamills Los Angeles, California

     

    Les séries des années 1980 ont eu une héroïne féministe: Abby Cunningham (Donna Mills)

    Sensational at 76! Thank you for that! Check out my interview in STAR, National Enquirer magazine, and National Examiner magazine

    8 avril

    Donna Mills vient d’avoir 76 ans. Et elle a exactement la même tête que dans les années 1980, ce qui est à la fois flippant et fascinant quant aux miracles de la chirurgie esthétique.  

    Mais revenons en arrière, qui est Donna Mills? Et pourquoi son anniversaire a-t-il une quelconque importance? Donna Mills est une actrice mondialement connue pour son rôle dans Côte Ouest, grande série des années 1980 injustement sous-estimée, symbole du triomphe des épaulettes, des permanentes, des PDG et du «fric, c’est chic».

    La nouvelle J.R.

    Côte Ouest est un spin-off de Dallas. Ils relèvent tous les deux du genre du soap, soit la série pour vendre du savon. Dans ces séries, les personnages sont dénués de tout conflit intérieur, le gentil est gentil et le méchant est méchant. Du coup, pour qu’il y ait conflit, et donc histoire, il faut qu’un méchant foute la merde dans la vie simple et paisible des gentils. C’est donc le méchant qui fait 100% de l’histoire, le gentil se contentant de réagir à ses actions. C’est dire l’importance de ces rôles d’antagonistes. Quand les producteurs de Dallas lancent Côte Ouest, la grande question c’est donc qui sera leur nouveau J.R.? Et quand débarque le personnage d’Abby Cunningham avec sa blondeur et ses deux enfants, chaleureuse et amicale, les spectateurs la prennent en affection, d’autant que Donna Mills a jusqu’à présent toujours interprété des rôles de jeune femme en détresse. Il faudra attendre plusieurs épisodes avant de comprendre qu’elle est la méchante de la série, la nouvelle J.R. Les producteurs avaient choisi Donna Mills précisément pour son physique inattendu par rapport à la caractérisation du personnage. Elle était petite, fine, blonde, les yeux bleus, elle semblait inoffensive.

    thedonnamills Los Angeles, California

     

     

    Cette femme a hissé le maquillage des yeux au rang de pratique artistique. Et elle nous rappelle que ce n’est pas Kim Kardashian qui a inventé le contouring.

    À mes yeux d’enfants, elle était juste trop trop belle. Belle, comme les princesses de conte de fées. Et comme être belle, on m’avait bien rentré dans la tête que c’était une qualité morale, elle devenait forcément un modèle pour moi. 

    Sauf que voilà, Abby Cunningham est la méchante. La fouteuse de merde. La femme qui séduit le mec qu’elle veut. La femme qui vole l’entreprise de son rival. La femme qui veut du pouvoir et de l’argent quitte à magouiller des contrats, tricher et mentir. Dans les années 1980, elle n’est pas la seeule de ce genre qu’on peut voir sur les écrans. La différence, c’est que toutes les autres sont des repoussoirs. Quand on était gamine à l’époque, on avait quoi comme exemple de femme? Dans La Petite maison dans la prairie, le bon modèle féminin c’était Caroline Ingalls, dont la vie se résumait à faire des prières et des ragoûts entre deux grossesses. Ce n’était pas l’affreuse Harriet Oleson, qui était vilaine et qui, comme par hasard, était une femme d’affaire collée à la caisse de son épicerie. Dans Ma sorcière bien-aimée, l’héroïne était certes dotée de pouvoirs extra-ordinaires mais elle y renonçait par amour pour un type dont le visage ressemblait à un camembert mou. Au cinéma, le film Working Girl nous a appris qu’être ambitieuse, c’est très moche, que les femmes dirigeantes sont des monstres aux ovaires atrophiés, et Baby-boom avec Diane Keaton a enfoncé le clou en nous rappelant qu’une femme qui se consacre à son travail se coupe de sa sensibilité naturelle et qu’elle ne trouvera le bonheur qu’avec un bébé et des pots de confiture. (Ceci étant, j’aime beaucoup ces deux films.)

     Suite de l'article sur le lien ci joint ,car lorsque je met la suite ,celle-ci ne parait plus quand je publie:http://www.slate.fr/story/143369/donna-mills-annees-1980-series

     

     


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